La Loi des Miracles

La loi des miracles

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"Un miracle est communément considéré comme un phénomène non soumis aux lois, ou qui dépasse toute loi. Mais tous les faits de notre univers parfaitement construits relèvent de lois ou sont explicables par des lois. Les pouvoirs soi-disant miraculeux des grands Maîtres sont la conséquence naturelle d’une connaissance précise de lois subtiles opérant dans ce cosmos intérieur, qu’est la conscience.

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Rien ne peut, en vérité, être qualifié de « miracle », excepté dans ce sens profond que tout est miracle. Que chacun de nous est enfermé dans un corps à la structure infiniment complexe et évolue à la surface d’un globe emporté à travers l’espace, parmi les étoiles – quoi de plus ordinaire, ou de plus miraculeux à la fois ?"

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le Janus du VaticanDepuis des millénaires, les prophètes se sont donnés pour tâche d’enseigner aux hommes à surmonter mâyâ.
S’élever au-dessus de la dualité de la création afin de percevoir l’unité du Créateur, voilà le but suprême auquel l’homme puisse aspirer.
Ceux qui s’agrippent à l’illusion cosmique doivent se résigner à sa loi essentielle de polarité : flux et reflux, ascension et chute, jour et nuit, plaisir et douleur, bien et mal, naissance et mort. Ce rythme cyclique paraît d’une angoissante monotonie, pour l’homme ayant passé par des milliers de renaissances successives et qui commence à jeter des regards pleins d’espoir au-delà des contraintes de mâyâ.

Déchirer le voile de mâyâ, c’est percer le secret de la création. Seul celui qui dépouille ainsi l’univers de ses vains attraits est monothéiste véritable, et tous les autres des idolâtres.

Aussi longtemps qu’un homme demeure au pouvoir de l’illusion dualiste de la nature, mâyâ, Janus à double face, est son dieu et il ne peut connaître le Dieu unique véritable.

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aumbleuMâyâ, l’illusion du monde, est aussi nommée avidya, littéralement "non-connaissance", ignorance, illusion. La seule conviction ou analyse intellectuelle ne suffira jamais à détruire mâyâ, ou avidya ; il est nécessaire, pour cela, d’accéder au stade intérieur de nirbikalpa samâdhi.[..]  L’oeil du front (Orient) permet au yogi de diriger sa conscience sur l’omniprésence et il entend résonner le Verbe, Aum, qui constitue la seule réalité de la création.

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Parmi les millions de mystères du cosmos,

le plus remarquable est celui de la lumière.

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Contrairement aux ondes sonores, dont la propagation réclame de l’air ou tout autre milieu, les ondes lumineuses se propagent aisément dans le vide interstellaire.

Même l’hypothétique éther de la théorie ondulatoire, tenu comme milieu de transmission de la lumière, peut désormais être écarté parce que selon Einstein, les propriétés géométriques de l’espace le rendent superflu.

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Dans les deux cas, la lumière reste la manifestation la plus subtile de la nature,

et la plus affranchie des dépendances matérielles.

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[…] En même temps que la théorie de la relativité, est née la possibilité mathématique d’explorer les ultimes atomes. Aujourd’hui, de grand savants ont eu le courage de déclarer que non seulement l’atome représente de l’énergie plutôt que de la matière, mais aussi que l’énergie atomique est essentiellement de la substance mentale.

 

[…] La science elle-même nous apprend donc que l’univers matériel n’existe pas en fait ; son essence est mâyâ, l’illusion. Ses mirages de réalité ne tardent pas à se dissiper aux yeux de l’analyse. Une à une s’effondrent les planches de l’échafaudage rassurant du cosmos matériel, et l’homme commence à se rendre compte combien, au yeux des âges, il a transgressé ce commandement : « Tu n’adoreras pas d’autre dieux que Moi (Exode, XX, 3).

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. Dans son équation établissant l’équivalence entre la masse et l’énergie, Einstein démontre que l’énergie de toute particule de matière est égale à sa masse ou poids multipliée par le carré de la vitesse de la lumière.

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La libération de l’énergie atomique se réalise par l’anéantissement de ces particules matérielles.

La « mort » de la matière consacre la « naissance » de l’âge atomique.

La vitesse de la lumière, constante universelle, ne l’est pas parce que trois cent mille kilomètres à la seconde constituent une valeur absolue, mais bien parce que aucun corps matériel, dont la masse augmente avec la vitesse, ne peut égaler celle de la lumière. En d’autres termes : seul un corps matériel dont la masse serait infinie pourrait atteindre la vitesse de la lumière.

 

Cette conception nous amène à la loi des miracles.

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Les maîtres, possédant la faculté de matérialiser ou de dématérialiser leur corps, ou tout autre objet, de se déplacer à la vitesse de la lumière, enfin d’utiliser les rayons lumineux créateurs pour rendre instantanément visible n’importe quelle forme matérielle,

ont satisfait à la condition einsteinienne : leur masse est infinie.

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La conscience d’un yogi avancé s’identifie sans effort, non pas avec un corps exigu, mais avec l’univers tout entier.

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La gravitation – « force » de Newton ou « manifestation de l’inertie » d’Einstein – se trouve dans l’impuissance d’obliger un maître à acquérir la propriété de poids inhérente à tout objet matériel soumis à la gravitation.

Celui qui s’est reconnu comme Esprit omniprésent se soustrait aux contingences du temps et de l’espace.

La prison du corps est déverrouillée grâce au « Sésame ouvre-toi » de « Je suis Lui ».

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"Que la lumière soit ! Et la lumière fut !" Le premier des commandement divin de la création (Genèse, I, 3) donna l’existence à l’essence structurale : la lumière.

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Ses rayons réalisent toutes les manifestation divines.

De tout temps, les témoignages des sages montrent Dieu comme une flamme, comme une lumière.[..]

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Un yogi qui, par la méditation  parfaite, a immergé sa conscience avec le Créateur, perçoit l’essence du cosmos comme lumière ; pour lui, les rayons lumineux composant l’eau et ceux qui tissent la terre ne différent pas entre eux. Libre de toute conscience matérielle, affranchi des trois dimensions de l’espace et de la quatrième, celle du temps, un maître meut son corps de lumière aussi aisément sur la terre, dans l’eau, dans le feu et dans l’air.

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« Si ton œil est unique, tout ton corps sera plein de lumière » (Mathieu, VI, 22).

Une longue concentration sur l’œil spirituel libérateur a permis au yogi avancé de vaincre les illusions de la matière et du poids, produits de la gravitation : c’est pourquoi l’univers lui apparaît comme Dieu l’a créé : une masse de lumière non différenciée. [..]

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La loi des miracles peut être mise en application par n’importe quel homme

qui a réalisé que l’essence de la création, c’est la lumière.

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Le maître, divinement conscient du phénomène lumineux, peut projeter en un instant, sur le plan de la visibilité, les atomes lumineux ubiquitaires. La forme de manifestation – que ce soit un arbre, un médicament ou un corps humain – est proportionnée à la volonté du yogi et à son pouvoir de visualisation.

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Dans l’état de rêve, lorsque se desserrent les griffes de l’égoïsme étreignant l’homme de l’état de veille, la puissance extraordinaire de l’esprit apparaît nettement. Voici que se manifestent ses amis depuis longtemps disparus, les plus lointains continent, voici que ressuscitent des scènes de l’enfance.

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Cette conscience inconditionnellement libre, dont tout homme jouit dans certains de ses rêves, est l’état permanent d’un Maître en harmonie avec Dieu. Etranger à tout motif égoïste, utilisant sa volonté créatrice, ce don divin, le yogi avancé réarrange les atomes de lumière constitutifs de l’univers pour satisfaire à toute prière sincère d’un fidèle.

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C’est dans ce but que l’homme et toute la création ont été formés : afin qu’il puisse relever la tête, en maître de mâyâ, conscient de sa royauté sur l’ensemble du cosmos.

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[…] Nombre de découvertes modernes incitent l’homme à penser que le cosmos tout entier n’est que l’expression d’une seule force : la lumière, guidée par l’intelligence divine.

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Les merveilles du cinéma, de la radio, de la télévision, du radar, de la cellule photo-électrique, cet « œil électrique », de l’énergie atomique enfin, reposent sur le phénomène électromagnétique de la lumière.

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Il n’est de merveille qui ne puisse être rendue par des effets photographiques. Au point de vue strictement visuel, l’art du cinéma peut dépeindre n’importe quel miracle : montrer un corps astral, transparent, se décollant de la forme physique grossière, faire marcher un homme sur les eaux, ressusciter les morts, renverser le cours habituel des phénomènes, se jouer de l’espace et du temps.

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La photographie réalise ainsi virtuellement à l’aide d’image les prodiges que le maître peut faire passer par la réalité par le moyen des rayons lumineux véritables.

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Le cinéma, qui opère avec des images douées de vie, peut ainsi servir à expliquer des secrets de la création. Le Régisseur cosmique a écrit son Scénario prodigieux et ses Projections s’étendent à l’éternité. Dans la sombre cabine à projection de l’éternité, se dévide le film des époques successives et leurs rayons créateur projettent l’image de l’univers sur l’écran de l’espace.

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De même qu’une image cinématographique paraît réelle, mais ce n’est qu’un mélange d’ombre et de lumière, ainsi tout l’univers dans sa variété n’est qu’une apparence illusoire. Les globes planétaires et leur infini nombre d’êtres vivants ne sont rien d’autre que les images d’un cinéma cosmique, temporairement vraies, parce que projetées par les rayons créateurs sur l’écran de notre conscience.

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Dans un salle de cinéma, le spectateur remarque que les scènes n’apparaissent sur l’écran que grâce à un faisceau unique de rayons lumineux, incolore et sans images. Ainsi, le film de l’univers naît d’un seul rayons de lumière blanche issu de la Source cosmique. Dieu amuse ses enfants en les faisant à  la fois acteurs et spectateurs de son film planétaire.

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Un jour, j’entrai dans une salle de cinéma pour voir les actualités de la Première Guerre mondiale ;

elles représentaient le carnage avec tant de réalisme que, bouleversé, je m’empressai de quitter la salle.

« Seigneur, suppliai-je, pourquoi as-tu permis une si grande masse de souffrances ? »

A ma grande surprise, j’eus immédiatement une réponse sous forme de la vision des champs de bataille d’Europe, pleins de morts et de mourants. Leur horreur dépassait de loin tout ce que permettaient d’imaginer les actualités.

« Regarde bien ! » Une douce voix parlait au tréfonds de ma conscience. « Tu verras que ces scènes, se déroulant actuellement en France, ne sont rien de plus qu’un jeu d’ombre et de lumière. Ce sont des images de cinéma, aussi réelles et en même temps aussi factices que les « actualités » que tu viens de voir : une pièce à l’intérieur d’une pièce ! »

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Mon coeur n’était pas apaisé. La voix divine poursuivit : "La création est en même temps ombre et lumière, sans cela aucune image ne serait possible. Le bien et le mal doivent alterner au sein de mâyâ. A supposer qu’en ce monde le bonheur soit infini, l’homme chercherait-il autre chose ? Sans la souffrance, se rappellerait-il de sa demeure éternelle, oubliée ?

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La douleur incite à se souvenir. Et la sagesse est le moyen de s’y soustraire.

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Irréelle est la tragédie de la mort ; ceux qu’elle effraie ressemblent à l’acteur stupide qui, sur les planches, a peur d’un coup de pistolet qu’il sait tiré à blanc.

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Mes enfants sont des enfants de lumière ; ils ne demeureront pas toujours au pouvoir de l’illusion ».

Enfant de lumièreBien que les explications de mâyâ données par les écritures me soient familières, jamais elles ne m’avaient paru aussi nettes qu’à la suite de ces visions, accompagnées de paroles consolatrices.

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Les valeurs subissent un bouleversement total pour celui qui s’est définitivement convaincu que la création n’est qu’une vaste projection cinématographique et que l’ultime réalité se trouve dans l’Au-delà.

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Comme je finissais d’écrire ce chapitre, je m’assis dans la posture du lotus, sur mon lit, dans la solitude de ma chambre éclairée par deux lampes en veilleuse. Levant les yeux, je remarquai au plafond des points brillants, couleur de grains de moutarde, qui vacillaient et clignotaient comme des myriades d’étincelles. Bientôt, un rayon m’effleura doucement.

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Aussitôt, mon enveloppe physique perdu de son poids, se métamorphosant en contexture astrale. Je me sentis légèrement soulevé au-dessus de mon lit, mon corps, dépourvu de pesanteur, se balançant doucement de droite à gauche, sur un rythme alterné. Je jetai un regard circulaire dans la chambre ; les meubles, les murs n’avaient pas changé, mais les petites masses de lumière ne constituaient plus qu’une seule nappe de lumière voilant le plafond. J’étais stupéfié.

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Voici le mécanisme du cinéma cosmique, fit une voix qui semblait émaner de cette lumière. Projetant des rayons sur l’écran blanc de ton lit, il produit l’image de ton corps. Regarde, tu n’es rien d’autre qu’un tissu de clarté !

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Je contemplait mes bras et les remuai à droite et à gauche, mais ne sentis pas leur poids. La pluie de clarté cosmique épanouie sous l’aspect de mon corps paraissait l’exacte réplique du jet de lumière issu de l’appareil de projection d’une salle obscure et produisant des images à l’écran.

Pendant longtemps encore, je me perdis dans la contemplation de l’image de mon corps, au fond du théâtre semi-obscur de ma chambre.

J’avais eu de nombreuses visions, mais celle-ci était la plus singulière.

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Comme l’illusion consistant à croire en l’existence des corps solides était complètement dissipée

et que j’avais reconnu que la lumière forme seule la structure intime de tous les objets…


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"La Loi des Miracles" est extrait du livre

 

AUTOBIOGRAPHIE D’UN YOGI
de Paramahansa Yogananda
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Autobiographie d’un yogi a été traduit en prés de vingt langues et a été lu par des millions de lecteurs.

C’est l’un des rares ouvrages sur les sages de l’Inde écrit non pas par un Occidental,

mais un authentique yogi indien.

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Témoin oculaire de la vie et des pouvoirs extraordinaires des saints de l’Inde moderne,

Yogananda explique avec clarté les lois qui permettent aux authentiques yogis

d’accomplir des miracles et d’atteindre la maîtrise de leur esprit.

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Cette biographie n’est pas seulement captivante, elle révèle aussi l’unité sous-jacente

à toutes les grandes religions de l’Orient et de l’Occident.

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Paramahansa Yogananda (1893-1952) a contribué à rendre la philosophie orientale et le yoga accessibles à l’Occident.
Son message spirituel universel a marqué plusieurs générations.
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